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Jean-Claude Baudart vit l’instant présent

10 novembre 2018 - 12:52

À 59 ans, après avoir porté plusieurs casquettes (joueurs, arbitre, président, coach), comment vivez-vous le football aujourd’hui?

Je suis dedans depuis l’âge de 9 ans. C’est toujours une passion mais je ne suis pas obnubilé et je dors toutes mes nuits. Je ne regarde par exemple pas le football à la télévision. Dans le Namurois, j’ai une image de clown ou d’homme-tirelire mais je m’en moque. Il y a beaucoup de jalousies. Je sais juste que je suis quelqu’un de vrai et je sais prendre le recul nécessaire par rapport à tout ça. Parfois, je n’ai pas envie d’aller à l’entraînement, mais j’y vais quand même. Par respect, par engagement. J’ai aussi cette qualité de pouvoir parfois m’énerver sans être bouffé intérieurement.

Quel genre d’entraîneur êtes-vous?

En fait, je ne suis pas vraiment entraîneur mais plutôt coach. Ma capacité à manager, c’est inné. Comme dans ma vie professionnelle – j’ai eu 230 employés dans ma première entreprise -, je parviens à gérer des équipes et à respecter les gens. Je discute aussi beaucoup avec mes joueurs. Je justifie toujours mes décisions, quelles qu’elles soient, sans pour autant que le mécontentement d’untel ou d’untel me fasse changer d’avis. Je sais aussi m’entourer.

Un peu à l’image du «manager à l’anglaise» qui reste en retrait et qui donne les consignes à ses adjoints, les vôtres Manu Kenmogne (T2), Olivier Nanni (T3) et Damien Pierrard (prépa. physique).

C’est simple. En semaine, c’est moi qui leur demande de travailler tel ou tel aspect par rapport à ce que j’ai vu en match. Exemple la semaine dernière: j’ai voulu répéter les dédoublements des flancs avec centre en retrait ou des appuis sur le poste 10. Eux préparent, donnent les exercices en conséquence et moi j’observe. Mardi, c’est souvent avec Damien et le jeudi avec Olivier ou Manu. Ils donnent de précieux conseils. Le week-end, c’est moi qui coache.

Comment se passe la cohabitation dans le staff?

Lors des trois ou quatre premiers matches, j’ai eu des désaccords avec Olivier et Manu, notamment parce que je voulais jouer avec trois défenseurs. Ils ne soutenaient pas l’idée. Mais on s’est mis d’accord, les discussions font partie du travail d’équipe. On continue de travailler en osmose.

Et au niveau des joueurs?

Certaines personnes extérieures pensent que tout est facile parce que j’ai des bons joueurs dans mon équipe. Mais il y a du vécu, des ego aussi dans ce groupe. Il faut pouvoir gérer. L’approche est différente avec chacun d’entre eux. Le tout est de savoir jusqu’où on peut aller avec tel ou tel joueur. C’est une question de feeling, de management. J’ai cette faculté. Cela fait 32 ans que j’enseigne, cela aide. Quand je parle, je suis écouté.

N’est-ce pas aussi parce que vous financez une partie de l’équipe?

Ce n’est pas un secret. Certains font un tour du monde, d’autres achètent des voitures à 150 000€, moi j’aime le football et je m’amuse. J’ai toujours su récompenser ceux qui me le rendaient, raison pour laquelle j’ai tenu à faire les transferts moi-même et prendre des joueurs que je connaissais, en qui j’ai confiance.

Serez-vous toujours à Namur la saison prochaine?

On verra. Cela dépendra de beaucoup de facteurs: les résultats, l’atmosphère, l’envie.

Y seriez-vous revenu si Fosses n’avait pas fusionné avec Namur?

Non. À l’époque, à Fosses, c’est Christophe Graulus qui est venu me chercher parce qu’il rêvait de Nationale. En réalité, je suis à Namur aujourd’hui parce que, la saison passée à Fosses, j’avais promis aux joueurs que je resterais. On a été champion, il y a eu la fusion, donc je suis arrivé à Namur. Ceci dit, je n’éprouve pas d’aigreur envers ce club.

Jusqu’à quel âge pourriez-vous coacher?

Je ne sais pas. Aujourd’hui, je pourrais tout arrêter, même mes activités professionnelles, et rester à ne rien faire. Mais quelle image renverrais-je à ma fille?

Vous avez encore un rêve dans le football?

(NDLR: il fixe l’horizon). Ce que je n’ai jamais fait et qui me plairait, c’est fouler la pelouse du Standard. Je suis un grand fan, j’ai été abonné, j’y ai eu une table, j’y ai travaillé via mon entreprise de catering. Donc fouler la pelouse, comme joueur ou arbitre, cela m’aurait vraiment plu.

Interview : Vincent BLOUARD - L'Avenir - 10/11/2018

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