Pischedda, forcément téméraire

20 juin 2017 - 18:50

Moins d’annonces que prévu hier à Namur où on a appris à connaître le nouvel entraîneur. L’UR avance prudemment. Le reste ? Patience.

Steve Pischedda, vous êtes le nouvel entraîneur de l’UR Namur. Accepter de reprendre l’équipe, une folie ou une envie?

Je sais que je me retrouve face à un énorme chantier, un gros challenge, mais je suis prêt à le relever avec enthousiasme et ambition. J’ai été éduqué comme ça. Tout ce que j’ai réussi à obtenir, j’ai dû travailler pour l’avoir.

À quand remontent les premiers contacts avec les dirigeants?

Une dizaine de jours (NDLR: il nous a accordé l’interview vendredi et on le sent un peu titillé par la question). J’ai rencontré Lucien Roméo et il est mon interlocuteur, au même titre que Salvatore Sias et Bertrand Lebrun. Il n’y a pas eu d’intermédiaire. C’est parti d’une rencontre, d’un hasard.

On vous connaît davantage dans le Hainaut qu’à Namur…

J’en suis conscient. Pourtant, j’ai joué au mini-foot à la belle époque du MF Namur. Je suis originaire du Borinage et j’habite Fleurus. J’ai commencé le football aux Francs Borains avant de partir au Standard (4 ans), à La Louvière et j’ai également été professionnel au mini-foot. Des blessures récurrentes et plusieurs opérations m’ont fait arrêter à 31 ans (NDLR: il en aura bientôt 38). C’est à ce moment-là que j’ai démarré le coaching, chez les jeunes à La Louvière jusqu’à la première puis comme scout de Dante Brogno au RFC Liège.

Vous a-t-il aiguillé dans votre choix?

Vous savez, Dante, c’est devenu un ami proche. Ces derniers temps, on s’entendait deux à trois fois par jour au téléphone. Je lui en ai parlé et il m’a dit de foncer, que c’était le bon moment pour moi. Qu’on l’aime ou pas, on apprend énormément à ses côtés.

On en revient à la réputation et aux difficultés du club. Cela ne vous effraie pas?

À un moment, il faut stopper de ressasser le passé et enfin se tourner vers le présent et l’avenir. Avec tout le respect que j’ai pour le football provincial, vaut-il mieux débuter sa carrière d’entraîneur en D3 à Namur ou dans un club de P3? Ici, il y a les infrastructures, une histoire… Quoi qu’on en dise, il existe aussi un projet de renouveau. Et puis, comme pour les joueurs, l’UR Namur reste attrayant à mes yeux.

Justement, les joueurs! Le noyau se construit doucement…

On a été vite ces derniers jours. J’ai la chance de détenir un bon réseau (NDLR: il a travaillé sur plusieurs transferts avec Salvatore Sias). Il y a tellement de joueurs sur le marché que certains acceptent de revoir leurs prétentions sportives et financières à la baisse. Peut-être allons-nous aussi avoir deux ou trois joueurs en prêt de Saint-Trond (NDLR: on en saura plus dans les prochains jours). Ce peut être intéressant à condition qu’ils aient une bonne mentalité. J’insiste là-dessus. Je ne veux pas de jeunes pro qui viennent ici avec des pieds de plomb.

Comment faites-vous pour convaincre des joueurs?

Je mise davantage sur l’émotionnel que sur le rationnel, c’est vrai. Je suis étonné du négativisme qui entoure Namur.

Qu’en est-il du staff?

Manory Delferrière (NDLR: lire ci-contre) va prendre en charge les gardiens. Vincent Pingaut, que j’ai appris à connaître récemment, restera l’adjoint (NDLR: ils se sont encore réunis hier après-midi). Un clubman comme lui, c’est rare et précieux. C’est quelqu’un de très correct. Dans le sport ou au boulot – je suis directeur commercial – la réussite n’arrive jamais seule. C’est un travail d’équipe.

Quelle est votre philosophie de jeu?

Déjà quand j’étais sur le terrain, j’adorais la possession. Je prône des entraînements et des échauffements avec ballon. Je partage aussi l’idée qu’il faut toujours marquer un but de plus que l’adversaire. Je préfère gagner 5-3 plutôt que 1-0 même si, alors, je me poserais la question de savoir comment et pourquoi on a encaissé trois fois. Il faut donner envie aux joueurs de pratiquer du jeu, et au public de revenir au stade. C’est honteux de voir un club comme Namur si bas dans les divisions. D’ailleurs, j’ai vu l’équipe une dizaine de fois la saison dernière et je ne comprends toujours pas comment elle a pu descendre.

L'Avenir, Vincent Blouard, 20/6/2017

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